Femme paisible avec écouteurs qui se repose en shavasana à la maison

Cette posture est LA posture de fin de cours de yoga. Mais qu’est-ce que c’est que cette posture dont le nom signifie la posture du cadavre ? Nous n’aimons pas parler de la mort et nous aimons encore moins entendre parler de cadavre !

Les yogi et yogini vivent dans la Vérité. Ils pratiquent cette posture dans le but de se préparer à la mort. La mort n’est pour eux pas un sujet tabou ou négatif mais une étape à laquelle il faut se préparer. Ils ne fuient pas cette réalité de la vie. Ils l’invitent ! 

Ce n’est pas tant le fait d’être sur le dos, d’entrer dans une certaine posture physique, mais d’entrer dans un état d’esprit : celui du non-agir.

Cette non-action est un processus, celui de défaire tous nos processus en cours :

Les mains ne s’agrippent plus à rien
Les pieds ne vont plus nulle part, ne fuient plus, ne piétinent plus
La bouche ne cherche plus à communiquer
Les oreilles n’écoutent plus aucune information externe

Il est courageux et difficile d’entrer dans cette état du non-agir. Nous agissons toute la journée, nous sommes multi-tâches. Nous avons parfois l’impression que si nous ne faisons rien, nous allons manquer quelque chose. Ne rien programmer

Ne rien faire est difficile, oui, et demande beaucoup de patience. Mais cela permet de donner une nouvelle direction à notre vie. Être dans le non faire permet de nous libérer de nos peurs et de continuer à nous émanciper, d’avancer sur notre chemin.

En nous arrêtant, nous nous donnons la possibilité d’être à l’écoute de notre corps et de nos émotions.

Le but de shavasana est multiple :

  • Accueillir les effets de la séance de yoga
  • La position allongée sur le dos (décubitus dorsal) calme le système nerveux.
  • Tourner nos sens vers l’intérieur (pratyahara), les mettre au service de notre intériorité, les couper des toutes les sur-stimulations externes. Pratyahara, et pranayama, la respiration, nous amènent à la concentration, dharana. C’est une invitation à la méditation, dhyana.
  • C’est également un rituel de la mort, une pratique de détachement conscient, de lâcher-prise et non une simple relaxation. Notre conscience est totalement éveillée.

En nous arrêtant en conscience, nous grandissons, nous évoluons, nous progressons sur la voie du yoga.